l’Huma trop humaine

Cet article a été écrit au retour de la fête de l’Huma et devait être publié le lendemain. Malheureusement, emporté par le tourbillons des tweets haineux dont est victime une de nos camarades (dont vous pouvez lire une explication ici), j’ai décidé d’en reporter la parution. Le moment n’est peut-être plus le bon mais y’en aurait-il encore un bon ?

Las, indécis à l’écriture, mais pourtant plein de sentiments à exprimer, me voilà dans le train, de retour de la fête de l’Huma.

Voilà mon esprit écrire alors que mon corps lourd dit : dormir.

Depuis vendredi trois heures du matin, c’est un chemin de montagne que j’ai parcouru. Comme beaucoup de ceux que j’ai croisé !

A deux compostages de rater mon train, j’ai passé le voyage à boucler un argumentaire urgent. Du coup un rendez-vous raté dans le train avec un copain de SDN. Puis une matinée de rendez-vous, assis quasi coupable à la terrasse chauffante d’un café face à la gare de Lyon.

Après, la fête de l’Huma.

D’abord la pluie, crachin léger, pénétrant, puis un léger froid que le sud d’où je viens n’a pas encore autorisé à cette saison. Et le marché des sonos en concurrence déloyale qui font payer à nos oreilles le prix d’une audition précaire, sans nul doute.

Et la marche, encore la marche. De l’avenue Frida Kahlo où se trouve le stand du Parti de 2013-09-14 12.16.29Gauche, à l’avenue Jaurès, avenue Elsa Triolet, Salvador Allende, détour par Lise London, la marche, encore, puis à l’agora écouter Corinne expliquer à Delphine Batho et Jérôme Gleizes que les beaux discours ici s’envolent dans les votes à Bruxelles , retour au stand du PG où les camarades de l’orga courent en tous sens, puis expédition sur les stands des copains du FDG, puis la pluie, puis un verre de punch traditionnel, de Strasbourg (ah ! la tradition !), puis retour à ce foutu argumentaire dans lequel j’ajouterais bien encore quelque chose, puis sollicitations, sur des assises pour l’écosocialisme, sur ITER, sur des camarades en grève, sur un syndicaliste qui va se faire virer parce qu’il dénonce les travers du nucléaire, et un mojito, des bises là, des embrassades ailleurs, on retire la veste parce qu’il fait chaud, une prise de tête à cause des opportunistes sans scrupule, triste amie, puis un autre débat, un coup d’oeil sur les camarades de l’orga qui ne tiennent déjà plus debout que par inadvertance, et la pluie, la marche, les pieds boueux, une embardée, quelques glissades, et les amis, et un autre mojito, la musique, et il faut regagner l’hôtel, pas question de marcher deux heures comme l’an passé pour rentrer !

L’infernale nage vers les navettes, marée montante dans le chenal qui mène au bus, le sardinage, le métro, le métro ? Oui il y en a encore ! Alors le métro. Une station puis trente minutes de marche, au GPS, plus beaucoup de batterie, trop de photos, de tweets, de sms, trop d’emails. Tiens j’ai oublié de manger ! Qui dort dîne. Plus que 250 mètres, et hop le téléphone s’endort, trop affamé. Où je vais ? Il disait à droite ou à gauche ? Là ? Oui. Hôtel, récupération du code, chambre 711, élardé, Fillon appellera à voter FN, plus faim. Dors maintenant !

Et le lendemain on recommence. Mais il pleut encore plus.

Dit comme ça, on pourrait croire à un week-end qu’il faudrait me plaindre d’avoir vécu. Mais bien au contraire. Car derrière tout ça est ancrée une impression de sens, de cohérence, de profondeur, d’envie commune, de volonté partagée. On se dit bonjour dans les navettes, tout le monde sourit, humides, tous les regards se croisent, têtes hautes les yeux vers le même horizon de justice, pas des « gens », non, des personnes, pas que des cocos, pas que celles et ceux qui votent Front de Gauche, mais des personnes, tout le monde, de tous âges, certes qui ont déjà voté FDG pour certaines, mais parfois non, et elles se sentent bien ici, et du coup elles regrettent de ne pas toujours avoir voté FDG, de quoi avaient-elles donc peur ? Aujourd’hui plus personne ne sait… mais tout le monde sent que c’est cette unité là qu’il faut traduire, mais comment ?

Et si aux prochaines municipales on refaisait partout la fête de l’Huma ?

coeur humainEt si, au-delà des « pour », des « contre », des alliances avec le PS, des connivences, de réticences, chacun-e retournait à la fête de l’Huma ?

Si je devais laisser ma sensibilité, mes sentiments qui émanent de ces moments, choisir leur voie ? Si je devais laisser cet être, humain d’abord, choisir ? Je me battrais pour le Front de Gauche, sans cesse, sans doutes et sans détour.

Faut-il alors lutter contre ce qui nous porte, nous élève ? Faut-il lutter contre ce que dégage la fête de l’Huma ? Faut-il retirer notre âme de notre corps politique ? Notre âme est-elle dans le programme du gouvernement et de ses défenseurs ?

Êtres inanimés, pourrions nous encore donner du cœur à l’ouvrage ?

S’il me fallait me départir de cette élan vital, je préfèrerais dormir. Mais j’aurais raté une occasion de ne pas me taire.

La fête de l’Humanité, trop humaine…

On ne saurait terminer un article comme celui-là sans renvoyer à la souscription populaire que lance l’Huma : cliquez sur ce lien

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Une réflexion au sujet de « l’Huma trop humaine »

  1. Aujourd’hui10oct. Je viens de prendre connaissance de ton post. Tu te dis que depuis de l’eau à coulée sous les ponts et je suis certain que tu enrages Didier de la tournure que prennent les événements. La fête de l’huma, un rêve ou un cauchemar? La condamnation du front de gauche qui semblait hier pour certains inéluctable, aujourd’hui est devenue réalité. P. Laurent vient d’en signer l’arrêt de mort en se positionnant pour une liste commune PC. PS. Derrière A . Hidalgo dans notre bonne ville de Paris. Pour moi cela relevé de la pure ignominie. C’est d’une bassesse à vomir. Mais bon, moi je suis toujours en Algérie où je profite de ma famille. Nous reparlerons de la situation nouvelle dans laquelle nous nous trouvons bien malgré nous dés mon retours car je suppose que la marmite est en pleine ébullition au PG.
    Il ne te reste plus qu’à nettoyer tes chaussures et faire sécher tes hardes détrempées.

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