Précisions sur le dernier billet

 

Suite à plusieurs retours sur mon dernier billet, je fais ici, rapidement, quelques précisions afin que les détails de mon raisonnement soient plus clairs et bien compris. Il y a des choses sensibles au PG, raison de plus pour les manier avec délicatesse…

La sixième République : fondamentale mais pas prioritaire

Nulle part il ne peut être lu dans mon dernier billet que la 6ème République et la souveraineté du peuple sont secondaires ! Évidemment que non ! Ce sont des exigences fondamentales mais pas prioritaires ; nous ne sommes pas audibles quand nous voulons en faire notre combat principal.

Une question est fondamentale dans le combat politique : pourquoi le mène-t-on ?

Répondre « pour l’intérêt général » n’a pas de sens tant qu’on n’a pas défini cet intérêt général et que le peuple ne s’y reconnaît pas. Aujourd’hui le peuple ne se reconnaît pas en nous ! Le nier serait une erreur et la réussite constante de nos manifestations et de nos meetings n’est pas le gage de notre compréhension en dehors de nos propres cercles. C’est peut-être de là que vient notre erreur : de confondre notre capacité à rassembler en masse ponctuellement et d’en déduire notre force électorale. Ces rassemblements ont un sens et une importance dans le processus de prise de conscience. Mais attention de ne pas trop extrapoler. La situation actuelle devrait pourtant nous pousser à la prudence.

Mener un combat politique dans le but de refonder les institutions est très ambigu. Ou on considère que les institutions dans lesquelles nous sommes ne représentent plus le peuple mais alors pourquoi continuer à les utiliser ? C’est toute l’ambiguïté soulevée par les abstentionnistes qui ne veulent pas voter pour des institutions qui les bafouent (et je pense que ce ne sont pas tous des idiots). Si le système nous interdit de prendre le pouvoir alors il reste donc à préparer la révolution et le renversement du pouvoir.

Ou on considère que les institutions servent encore un peu l’intérêt général et que le vote est encore légitime (C’est toute l’ambiguïté de l’idée de révolution par les urnes), et alors il faut entendre ceux qui votent, faire avec, et ne pas insulter ceux qui ont recours  à leur droit, même quand ils votent pour le FN (comme je l’ai lu des centaines de fois un peu partout).

Un entre-deux peu confortable

Il me semble que nous sommes dans l’entre-deux et donc dans une ambiguïté illisible. Ou nous devenons le NPA dans le premier cas, ou nous allons au combat par les urnes mais alors le projet de modifier les conditions d’accès au pouvoir n’ont aucune chance d’aboutir si c’est notre revendication première. C’est en effet dire aux électeurs que tout est biaisé et que la 5ème République ne nous laissera jamais de place, mais qu’il faut aller voter pour nous quand même. Sur cette voie, nous avouons notre incapacité à accéder au pouvoir. Ça n’encourage pas à aller voter pour nous ! Et je pense que ramener sans cesse le vote bafoué du peuple en 2005 (c’est une réalité que je ne nie pas) lasse effectivement les gens qui sont, depuis longtemps, revenus d’autres reniements de tous côtés.

Bien sûr qu’il faut tout refaire et qu’il faut réinstaller une République qui redonne de la souveraineté au peuple ! Mais à partir du moment ou on ne veut pas renverser le pouvoir par la force, cela signifie qu’il faut le prendre par le droit. Et on ne prend pas le pouvoir en le décrétant (Prenez le pouvoir). On prend le pouvoir en disant aux citoyens pourquoi on veut le faire. Dire qu’on veut prendre le pouvoir par les urnes parce qu’aujourd’hui il est impossible de prendre le pouvoir à cause des institutions est un peu contradictoire…

Un peuple ne se décrète pas

 

Le peuple c’est le fondement. Un peuple ça ne se décrète pas non plus comme j’avais déjà pu le dire lors de notre dernier congrès. Un peuple ça se construit, ça se reconnaît dans un projet commun qui sert l’intérêt général. Bien sûr que nous avons une haute idée de l’intérêt général. Mais la 6ème république ne peut pas être la fin de l’intérêt général, ce n’est que le moyen de sa préservation. Le peuple est premier « philosophiquement » parlant, il est même dernier en cela qu’il est souverain. Il définit l’intérêt général et met alors en place les institutions pour servir cet intérêt.

En promouvant seulement les moyens à mettre en œuvre et en faisant appel à un peuple qui ne se retrouve plus dans rien, nous ne sommes pas entendu.

A partir du moment ou l’on veut de nouveau « soulever » le peuple, il faut un projet politique final, un projet qui solidifie et incarne l’intérêt général de demain. Et il me semble que ce projet ne peut être qu’écologique et de gauche (je ne reviens pas là-dessus).

Pour résumer :

1 – quel est notre horizon politique capable de fédérer un peuple et de le mettre en marche ?

2 – quelles institutions sont nécessaires pour le porter ?

Penser et porter les institutions avant le projet me semble contradictoire.

Et aujourd’hui tous nos discours, écrits et affichages font la part belle aux problèmes démocratiques et institutionnels, la campagne des européennes en a été une preuve de plus. Même notre lutte contre le FN est sur cette base (et j’y ai participé aussi). Je pense qu’ailleurs que ce n’est plus sur cette base que nous combattrons le FN (le front contre front a failli et gagner un combat juridique pour pouvoir dire que le FN est un parti fasciste ne mène qu’à se faire se recroqueviller ceux qui votent pour lui) mais sur son national capitalisme et son reniement de l’avenir de notre écosystème humain et de sa nécessaire diversité.

Et pour ce qui est de l’Humain d’abord, projet du FDG et pas que du PG, je dois avouer qu’il me paraît être assez peu orienté dans ce sens de l’écosocialisme. Je crois même que certains partenaires du FDG ne veulent pas reconnaître le sens du mot « écosocialisme » … Je ne suis donc pas sûr que nous puissions avancer dans le sens que nous souhaitons sans dire clairement ce que nous voulons sur le nucléaire et la transition énergétique en général, sans poser le problème de la croissance (et on a aussi là-dessus des questions à se poser à nous-mêmes), des transports (de la voiture, des avions, …), du logement, des modes de production, etc…, tous les problèmes qui ont d’ailleurs resurgi aux municipales dans les villes où le FDG est parti désuni.

C’est pourquoi je pense que nous devons nous poser des questions à nous-mêmes avant d’aller les poser à nos partenaires du FDG. Faire des assises du FDG avant même d’avoir analysé la situation en interne et démocratiquement avec la participation de tous, c’est une fois de plus inverser le processus de refondation de notre projet.

Il n’y a jamais de bonnes solutions dans ces cas là et c’est d’abord poser les bonnes questions qui importe. J’essaie juste, de mon côté, d’en redéfinir l’ordre.  Je n’apporte donc aucune lumière, il me semble même que nous avons vécu dans un éblouissement aveuglant depuis la présidentielle et que nous serions bien avisés de nous remettre un peu à l’ombre pour y voir plus clair…

 

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Une réflexion au sujet de « Précisions sur le dernier billet »

  1. Il est juste de préciser qu’il est nécessaire avant tout de (re)mettre la balle au centre de la question de nos pratiques . Parce que la préparation des dernières échéances électorales fut perçue comme révélatrice d’errements n’ayant pas grand chose à voir avec la démocratie. Bien entendu les circonstances n’ont pas manquées de participer à cet état de fait. L’éblouissement dont tu nous parles Didier, y prend aussi toute sa place. Mais effectivement nous ne pourrons pas faire l’économie de la pratique démocratique qui seule permet l’appropriation collective du champ politique que nous voulons promouvoir. Le caractère avant gardiste de notre projet ” l’ecosocialisme” avant de devenir notre signe de ralliement à tous au P G à bien besoin d’une large mise en débat. Bref!!! Globalement aujourd’hui il est évident pour nombre d’entre nous qu’il est nécessaire de prendre le temps de la réflexion, le temps de la vulgarisation, le temps de la mise en oeuvre des bonnes pratiques qui par définition ne peuvent rester figées.

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