UN GOUVERNEMENT VERT-DE-GRIS

vert de gris

« La Harde de cerfs écoutant le rapproché » d’Arthur Le Duc Source : Article Vert-de-gris de Wikipédia

La feuille de route présentée par Manuel Valls et Ségolène Royal ce 4 février « pour faire de la France le pays de l’excellence environnementale », n’a en réalité pour but que de verdir l’image cuivrée de François Hollande en vue de la COP21 et de 2017. En effet, que reste-t-il au Président de la République pour cacher ses trahisons sociales sinon de passer son image au cynique vinaigre du capitalisme vert ?

4 enjeux libéraux

En indiquant la nécessité de l’adoption de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (sic !) actuellement en débat au Parlement, le premier Ministre confirme l’orientation libérale de son gouvernement.

Cette loi est le complément nécessaire de la loi NOME pour libéraliser le marché de l’énergie. Ouverture majoritaire du capital des concessions hydrauliques au privé, marché des ENR confié aux grands industriels et en particulier ceux du nucléaire, maintien de la puissance nucléaire installée (peut-être augmentation…), dérégulation du démantèlement des centrales, développement du marché de la voiture individuelle, …, autant de choix qui sacrifient l’écologie sociale pour sauver la croissance.

Mais par quel prodige le marché s’intéresserait-il tout à coup au sort de notre biosphère et au portefeuille des ménages avant les dividendes de ses actionnaires ?

De même, la « stratégie nationale bas carbone », si elle part d’une bonne intention, n’a aucune chance de permettre la transition écologique dont nous avons besoin. Tout au mieux peut-on espérer que les chiffres de la pollution urbaine baisseront légèrement à très court terme, pour 2017 ?  Il s’agit plutôt, pour le gouvernement, de désembuer le paysage politique pour ouvrir la route de l’Elysée à François Hollande, par un enfumage bien pire.

En promouvant la « voiture propre » Ségolène Royal ment. En effet, la justice a déjà rendu un verdict interdisant aux constructeurs de voitures électriques de les caractériser de « propres » ou « vertes ». Non seulement les véhicules électriques sont polluants (construction, batteries au Lithium, …) mais en plus 75% de leur consommation provient du nucléaire, énergie on ne peut plus dangereuse sur le plan environnemental et sanitaire.

Si on ajoute à cela que la prime de 10 000 €, promise par un gouvernement qui impose l’austérité aux plus démunis, n’ira qu’aux ménages suffisamment aisés pour investir d’autant dans un véhicule électrique (dont le prix est d’environ 21 000 € aujourd’hui), on comprend que cette transition n’est pas donnée à tout le monde !

Pire encore, les 20% de Français incapables de payer leurs factures d’énergies aujourd’hui, se verront demain taxés pour ne pas être assez écolo !

Pour réussir cette transition, il faudrait mettre en place une « sécurité mobilité » qui permette aux plus démunis, contraints de se déplacer et propriétaires de vieux diesels polluants, d’avoir accès à un parc de prêt de véhicules moins émetteurs de CO2. D’une part cela permettrait de vraiment éliminer les vieilles fumeuses, mais en plus ce serait le moyen de changer les habitudes quant à la propriété individuelle des moyens de transport.

Il n’y a pas d’écologie sans volet social car les premiers à souffrir du réchauffement climatique, de la pollution, de l’emprise sur les terres, se sont les travailleurs et les populations les plus précaires.

Enfin, les deux derniers enjeux confirment la supercherie du capitalisme vert.

D’un côté la mise en place de la « première programmation pluriannuelle de l’énergie » réduite à 5 ans, rend toute sortie du nucléaire impossible -celle-ci nécessitant des temps longs- de même qu’elle interdit toute planification écologique d’envergure.

Et de l’autre « le chantier ouvert du dialogue environnemental et de la démocratie participative » fait œuvre de paravent alors que le nucléaire fait l’objet d’un véritable déni de démocratie et que chaque jour nos concitoyen-ne-s constatent les expulsions violentes de paysans pour construire un grand stade en pleine campagne aux abords de Lyon, le déploiement de CRS et la mort d’un jeune militant à Sivens, les poursuites incessantes des opposants au Lyon-Turin, les menaces à Notre-Dame-des-Landes, …

Face aux intentions il y a les faits à la tête dure : ouverture au capital d’EDF, préparation de la privatisation de RTE, vente en petits morceaux d’AREVA dont on socialise les dettes colossales, baisse du budget du Ministère de l’environnement, industriels qui se préparent à relancer l’exploitation des gaz de schiste, encouragements à l’exploitation des sables bitumineux par le chef de l’Etat, …

Ce gouvernement n’est ni socialiste, ni écologiste.

Le Parti de Gauche doit donc, plus que jamais, réaffirmer et porter l’écosocialisme comme l’alternative du XXIème siècle au capitalisme.

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