L’esprit

Quand il s’agit d’écrire sur Internet, il faut fixer le contexte. Contrairement à la lecture classique (un livre, une revue, …) l’écrit, ici, est souvent réduit au zapping et il échappe à la lecture. En sautant de page en page, en lisant en diagonale ou partiellement, on ne retient que les mots, quelques instants, on les transmet, on tweete, on partage, mais au final on brasse de l’air et nous devenons des liseur-se-s.

Ce qui fait la force de la lecture – donc l’exigence de l’écriture – c’est la profondeur et la réflexion, le recul, le temps qu’il faut pour lire. Ici tout disparait. Ce qui est écrit pour faire penser devient rapidement invisible ou semble agresser. C’est un inconvénient majeur car la vérité est dans les détails et c’est souvent « notre amour de la vérité qui nous trompe principalement » (Descartes). La précipitation est le mépris des détails, pour reprendre Alain.

Mais penser, c’est toujours s’exprimer. Aucune pensée ne vaut si elle reste en dedans. On ne peut donc pas renoncer à investir les espaces d’échanges.

Le capitalisme et le libéralisme, pour des raisons évidentes, ont nivelé les goûts, les couleurs, les arts (cinéma entre autres), le langage et la pensée, pour pouvoir vendre la même chose à tout le monde. Il y a un polissage par la société de consommation qui s’autocensure et se bride. Il ne faut plus de « disputes » publiques, plus utiliser certains mots qui deviennent « populistes » et plus personne ne choisit son camp de peur de devoir en changer avec les alternances au pouvoir. Celles et ceux qui s’engagent sont sectarisé-e-s et deviennent coupables de convictions.

Ce principe découle d’un individualisme morbide qui consiste à dire que tout se vaut. Libre de penser, chacun-e pourrait alors penser ce qu’il ou elle veut, comme il ou elle veut. Le désaccord du fond n’est alors plus un souci, il devient un droit, et de ce faux altruisme naît un second artifice : la tolérance. Ainsi, ne pas comprendre l’autre c’est aussi ne pas chercher à le comprendre, même ne pas l’écouter puisque je tolère ce qu’il ou elle pense, c’est suffisant ! Chacun pense chez soi tant qu’il laisse l’autre penser et qu’il utilise un vocabulaire plat. On ne tolère que ce qu’on ne peut pas encore éliminer et le « ça dépend », le « chacun pense ce qu’il veut » c’est l’avènement de l’individualisme, du communautarisme et du scandale face à la revendication.

Ce système provoque notre lâcheté et je n’y échappe pas.

Mais l’esprit de ce blog est de refuser la résignation et même de la combattre. Il tentera d’étonner, de réveiller. Alain disait que « penser c’est dire non », c’est le contraire de l’opinion qui opine du chef, qui dit « oui », qui baisse la tête comme si elle s’endormait. Celui ou celle qui dit « non » se réveille secoue la tête de droite à gauche, s’ébroue. Les mots peuvent provoquer l’étonnement et ils auront ce but. Bien sûr, il faut lutter contre la prétention d’y parvenir toujours et il est évident que parfois les mots pourront blesser. J’en ai conscience et j’y serai attentif.

Que les commentaires tentent de conserver cet esprit. Aucun ne sera censuré s’il cherche à construire et ne dépasse pas les limites de la responsabilité légale qui est la mienne.

Adelante compañeros

3 réflexions au sujet de « L’esprit »

  1. Ping : Le Parti Socialiste est-il un parti sain ? | à brûle PourpoinG

  2. Ping : Le nationalisme est soluble dans l’écosocialisme. | à brûle PourpoinG

  3. Ping : Des valeurs de la France nationaliste | à brûle PourpoinG

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