L’auteur

Comme se présenter soi-même vire souvent à la représentation, j’ai demandé à une amie de me poser des questions :

Qu’est-ce qui t’a amené à t’engager en politique ?

Sarkozy ;)>

Je n’ai jamais été encarté avant la création du parti de gauche. J’ai, depuis le lycée, été engagé dans des combats contre le fascisme et le racisme, j’ai beaucoup fait dans le domaine de l’éducation populaire, mais quand le sarkozysme s’est installé, tout a changé dans mon esprit. Ce type est un mystificateur, le leader d’une idéologie régressive et agressive. J’ai hésité entre le NPA et le PG. Je ne regrette pas mon choix aujourd’hui !

 La philosophie mène-t-elle à la politique ?

Je ne sais pas si j’ai fait de la philosophie parce que j’avais une conscience politique ou si j’ai fait de la politique comme aboutissement de la philosophie ? Je crois profondément que toute philosophie est politique même quand la pensée ne porte pas sur des concepts politiques. La philosophie comme pensée du monde est une construction du monde, et toute construction du monde est une pensée de l’autre, qui doit considérer mes relations à lui. On ne peut pas chercher des formes de certitudes qui ne vaillent que pour soi. Que l’on pense pour l’autre, par l’autre, contre l’autre ou à sa place, on a une posture politique.

De même, tout engagement politique relève de la conscience politique sinon il n’est qu’une posture. Et toute conscience politique doit être une pensée sur le doute et la certitude.

La philosophie est nécessairement politique et la politique doit être philosophique.

Ta ou tes lectures du moment ?

Pfff, j’ai un peu honte… je relis Marx, en long et en large. Mais n’importe comment, comme un mec qui a perdu quelque chose. Je ne suis pas un apparatchik, je n’ai pas grandi à la lecture orientée des penseurs politiques du coup quand j’entends ou lis ce qu’on en fait, je me mets à douter. J’ai un problème avec Marx, je ne sais pas si je suis marxiste ? Mais je m’aperçois de plus en plus que ceux qui le revendiquent et scandent ses phrases ne l’ont pas compris. Alors je m’interroge et je fouille…

Si tu devais conseiller un livre, ce serait lequel ?

C’est sûrement parce que c’est un copain mais je conseillerais la « trilogie sur la papesse Jeanne » de Yves Bichet. Ce roman dévoile des aspects de notre culture judéo-chrétienne et de la culture musulmane avec beaucoup de finesse. Je connaissais plein d’étude sur le rôle de l’image, mais Yves le fait en y ajoutant une dimension matérialiste impressionnante de justesse. C’est aussi un des plus beaux exemples de littérature féministe pour moi.

Une chanson qui te passe par la tête ?

Viens voir les comédiens, voir les magiciens, voir les musiciens qui arrivent, … Ou alors « c’est la marche des éléphants… » de Mooglie ;)>

Des personnes qui ont influencé ta pensée ?

Dans mon enfance ? Mon oncle, un agriculteur bourguignon appelé pendant la guerre d’Algérie (drôle de description mais ça dit tout pour moi). Il m’a fait comprendre l’engagement dans la terre et dans la nature, ce qu’un corps peut rencontrer comme nécessités face à lui et toujours chercher de quoi les dépasser pour s’en libérer.

En philo ? Platon (le premier ça compte !) Rousseau (un visionnaire), Sartre (ce qui me fait douter d’être marxiste), Bergson, Bachelard, Alain, Badiou, et tant d’autres…. Ils ont tous influencé ma pensée.

En politique ? Corinne Morel Darleux. C’est une amie sans qui je ne serais pas grand’chose en politique…

Si je te dis « Les prolétaires n’ont pas de patrie », tu me réponds ?

Ah ! Ah ! ;)> Je te vois venir ! Tu veux me faire ressortir la polémique qui s’est créé avec certains membres du NPA ! Cette revendication d’une certaine gauche, si elle peut avoir un sens que je ne développerai pas ici, ne signifie pas ce que croient celles et ceux qui la posent comme leur fondement politique. Quand Marx et Engels écrivent ça, ils veulent dénoncer cette phrase et ne la font surtout pas leur ! Je crois que je vais remettre mon billet là-dessus sur ce blog comme ça ce sera plus clair.

Qu’est-ce qu’être de gauche ?

Ne jamais être indifférent. Ne jamais laisser le monde s’imposer à soi. Toujours penser au-dehors, de soi, de sa famille, de sa culture, parfois penser au-delà de son humanité même tout en restant humain et en pensant aux siens. C’est le contraire de l’espoir et de la résignation, un paradoxe permanent. C’est aussi la contemplation dans le désir de l’impossible. Je crois qu’être de gauche ça fout la trouille !;)>

Qu’est-ce que le féminisme/être féministe ?

Être capable de s’élever contre une femme quand elle est machiste. C’est provocateur et réducteur, je sais mais j’ai beaucoup de mal avec un certain courant féministe qui considère que les femmes ont tellement souffert sous les coups du patriarcat (ce qui est vrai, sans conteste) qu’il ne faut jamais en attaquer aucune parce que ce sont des victimes originelles. Cette posture fait souvent peur aux hommes et du coup les avancées sont des arrachées lentes. Le patriarcat n’est pas l’apanage des hommes, c’est la structure sociale du capitalisme. Le combat féministe est contre-productif s’il devient un combat pour des individus, comme celui pour les sans papiers, les sans abris, etc… Le féminisme n’est pas une cause qui ne doit être portée que par les femmes, c’est la cause de tou-te-s les opprimé-e-s.

L’écosocialisme en une phrase ?

La mort de Tarzan !

 Pourquoi ce blog ?

Je ne sais pas ? J’ai longtemps résisté. J’adore l’écrit mais il a un inconvénient sur Internet : il échappe à la lecture. Ici on lit comme on regarde la télé, en zappant. Du coup la profondeur et la réflexion, le recul, le temps qu’il faut pour lire, disparaissent. Ce que tu as cherché à écrire pour faire penser devient invisible ou semble agresser. Comme je n’écris pas toujours des billets qui laissent indifférents et que je n’ai pas le goût pour me prendre des coups… Mais en même temps, il ne s’agit pas de renoncer devant la société du scandale. J’ai des revendications à porter et du coup je me lance…

Enfin le changement… C’est pour quand ?

Le changement de page Internet ? C’est maintenant !

4 réflexions au sujet de « L’auteur »

  1. Ce que vous dites sur le féminisme est aussi stupide qu’ahurissant, en plus d’être diffamatoire. Aucun courant féministe ne réclame de ne pas donner la contradiction à une femme, au contraire.
    Un dossier à charge complètement lâche, qui n’a pour but politique et propagandiste que de discréditer un mouvement progressiste en portant et en employant l’argumentaire de nos opposants réactionnaires.
     » Cette posture fait souvent peur aux hommes et du coup les avancées sont des arrachées lentes. » cette affirmation qui prête à rire et souligne votre totale ignorance de l’histoire du mouvement. Non, les avancées récentes en France et dans quelques autres pays n’ont pas été lentes, les mouvements suffragistes et ceux qui se sont battu pour la liberté à disposer de nos corps, très majoritairement féminins (que les hommes n’ont pas massivement rejoints à l’époque pour des raisons de construction culturelle misogyne et non de « peur ») ont été d’une rare efficacité. Quant à la résistance réactionnaire dans le monde aux mouvements féministes (qui sont d’un courage exemplaire), elle n’a pas pour cause la « peur » des hommes, mais le machisme violent inhérent au système patriarcal.

    • Bonjour Fatima,
      Merci pour vos commentaires tout à fait justes mais que je ne trouve pas contradictoire avec ce que je dis (je réponds là à vos deux commentaires et à quelques propos lancés sur FB). Je n’ai que peu de connaissance dans l’histoire du mouvement féministe. Pas assez en tout cas, c’est bien pour cela que je me dispense bien d’en faire « un dossier à charge » ou même à décharge… Je ne suis pas le seul dans ce cas là, je suppose ? Je me contente alors juste de quelques lignes pour répondre comme je le sentais à une question que je ne voulais pas esquiver parce qu’elle me dérangeait. Et elle me dérangeait parce dès qu’on ne dit pas ce qu’il faut dire sur le féminisme, dès qu’on s’ose à dire sans vraiment être sûr, juste parce qu’on cherche (tout en pouvant dire des bêtises), on s’attend à une attaque violente et en règle. Je m’attendais donc à une réaction comme la vôtre, non pas que j’ai cherché à la provoquer, mais parce que je savais que je ne disais rien qu’il fallait dire. Ou j’esquivais la question ou je répondais avec mes sentiments et mes mots. Ce que je dis est sûrement faux, vous êtes mieux placée que moins pour juger de la vérité sur ce sujet semble-t-il, mais mon sentiment est vrai (en moi) et votre réaction confirme mes craintes. Dès qu’on n’est pas au fait du féminisme, on semble être pris pour un anti-féministe. Ce n’est peut-être pas le cas mais ça y ressemble étrangement… Dès que notre lâcheté, comme vous le dites et je l’assume, ne nous permet pas de dépasser l’approche en surface de ce combat, tout ce qui pourra être dit sera retenu contre nous. Je vais oser une comparaison que je risque de reprendre dans le visage, tant pis… Dans la structure du combat féministe que je rencontre (je n’utilise peut-être pas le vocabulaire adéquat, vous m’en excuserez), il y a ce que l’on retrouvait dans le combat anti-nucléaire il y a 20 ou 30 ans et qui perdure aujourd’hui. Une radicalité qui a ralenti l’acceptation du discours dans l’opinion. Heureusement, aujourd’hui, le PG entre autres, a compris qu’on ne sortirait du nucléaire qu’avec tous ses acteurs et pas contre eux. Considérer comme un ennemi toute personne qui n’a pas les mêmes connaissances que vous et qui, en s’exprimant librement, peut dire des choses peu fondées, voire même fausses, et considérer ces dernières comme des attaques insultantes et diffamatoires, je ne suis pas sûr que ça accélère l’histoire ? Et l’idée même que seuls les spécialistes ont raison et que les autres doivent se taire n’est pas non plus ma vision de l’émancipation. Vous n’aviez déjà pas aimé mon article sur Filoche et l’aviez même trouvé « sectaire ». Dire à quelqu’un qui exprime en quelques lignes des sentiments qui ne sonnent pas justes à votre oreille (à juste titre je n’en doute pas) qu’il n’a rien à faire dans son parti, ne renforce guère votre capacité à juger du sectarisme des autres. En tout cas, après les accusations (stupide, ahurissant, diffamatoire, propagandiste, réactionnaire, tout ça en 5 lignes !) faire la leçon de choses, ça me rappelle trop un vieil instituteur que j’avais il y a 35 ans. Si vous vouliez me faire comprendre quelque chose d’audible et de crédible, je ne suis pas sûr que ce soit réussi.

      • Oui. Il y a moyen, quand un militant sensé être de gauche fait le choix de parler de cette « tendance des syndicalistes casseurs », « tendance de ces personnes immigrées qui ruinent la France », « tendance de ces féministes qui demandent qu’on ne contredise pas les femmes parce qu’elles sont victimes » (je n’en ai, pour de vrai, jamais rencontré aucune…) que ça urtique mon camp, celui des progressistes. Et qu’il y ait une réaction d’indignation. Ne vous étonnez pas davantage.
        Par ailleurs, vous commencez votre tirade en affirmant que c’est de la provocation. Permettez-moi de vous dire, bien au contraire, que c’est du pur conformisme.

  2. « Le combat féministe est contre-productif s’il devient un combat pour des individus. »
    Qui dit le contraire ? Certainement pas les féministes ! Merci d’aller consulter au plus vite les ouvrages sur le féminisme qui, autant si ce n’est plus qu’aucun autre mouvement progressiste, a fondé ses théories (au delà de leurs variantes) sur l’idée que le patriarcat est un système, qu’il ne s’attaque pas à des individus mais engendre et opprime une catégorie, et que d’ailleurs les processus de dénigrement dont souffrent les opprimé-e-s du racisme prennent modèle sur l’opposition créée par le système patriarcal entre deux genres construits et redéfinis.

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