Forum de l’écologie radicale – Nîmes 2015

forumecolonimesLe 31 janvier dernier, j’ai eu l’occasion de participer au Forum de l’écologie radicale organisé à Nîmes. J’y avais été invité pour présenter, au nom du Parti de Gauche, notre vision de l’écosocialisme et notre approche du problème de l’énergie. A l’issue d’un débat riche auquel ont participé l’écologie libertaire, le MOC, le NPA, EELV, Les Alternatifs, nous avons pu constater, au-delà des éléments peu nombreux qui restent à discuter entre-nous, que nos convergences font prendre conscience à chacun qu’il est peut-être temps d’avancer ensemble. Au fur et à mesure que je participe à des rencontres comme celle-là se renforce l’idée que nous devons chercher à nous connaître pour éviter les caricatures que chacun véhicule sur les autres.  Il apparaît alors que les militants sont loin des positions d’appareils et que nous n’avons jamais été aussi près d’enfin nous retrouver. Voilà pourquoi il semble qu’opposer un mouvement citoyen à des rapprochements d’organisations qui trouvent enfin de convergences, est plus qu’une erreur (comme s’il n’y avait pas de citoyens dans les partis et orgas !) mais une faute de compréhension du moment qui se construit. Nous y reviendrons…

Voici donc le texte que les organisateurs nous ont demandé sur notre intervention. Contraint à 4000 signes pour entrer dans le format commun, il pourra paraître sec et incomplet. C’est le jeu !

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Loi sur la transition énergétique : Conclusion

 Dans cette analyse, nous avons tenté de faire le tour de ce qui nous a semblé significatif dans cette loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

Depuis le Débat national sur la transition énergétique (DNTE) nous avons assisté à 2 ans de tergiversations, de rétropédalages, de manipulation de langage, d’enfumages,
de négociations mal abouties entre EELV et le PS.

Alors que le GIEC vient de repréciser avec insistance les conditions du dérèglementGiec_logo climatique et son impact violent sur tout notre écosystème, que la pollution de l’air augmente partout, que la précarité énergétique fait des ravages et que la santé et la sécurité des travailleurs et des citoyens représentent des risques de plus en plus grands, une transition énergétique digne de ce nom devrait transformer radicalement notre système énergétique pour éviter l’aggravation de ces changements.

Mais non : la croissance est première, et décide de tout.

Au final, nous héritons d’une loi totalement inadaptée à la crise écologique et sociale. Ségolène Royal et Laurent Fabius peuvent bien se montrer dans les manifestations pour sauver le climat, ils peuvent bien lancer des appels internationaux, en validant cette loi ils se disqualifient comme pouvant porter un véritable projet d’avenir.

Personne n’est dupe sur leurs dernières agitations seulement destinées à montrer qu’ils font tout pour déguiser en réussite la COP21 qui aura lieu à Paris en 2015 et donc rejeter la faute sur les autres (Chine, Russie, etc…) en cas d’échec.

Sauf que non seulement le capitalisme est incapable de redresser ses propresgreenwashing2 torts, mais il n’en a surtout pas intérêt. Se nourrissant des crises successives qu’il provoque, à grand coup de greenwashing, il va continuer de se gaver sur le dos de la planète et des salariés, sans aucun scrupule.

Qui veut véritablement inverser le processus autodestructeur qui a été mis en place, doit prendre conscience qu’en aucun cas notre système économique actuel ne peut le permettre.

L’écologie n’est rien sans sa dimension sociale et en ce sens, il n’y a d’écologie que politique, c’est-à-dire capable de penser une organisation collective qui s’inscrit dans l’ordre de la justice sociale. Il n’y a donc d’écologie que de gauche et la gauche de demain ne peut être qu’écologique.

La croissance verte est la promotion d’un illusoire capitalisme vert que la loi sur la transition énergétique protège en relançant une industrie nucléaire à l’agonie et dont le coût d’opportunité est extrêmement faible.

Il s’agit alors d’établir une échelle de priorité dans nos actions, au regard de la situation de crise économique, sociale, écologique et démocratique dans laquelle nous sommes.

S’agit-il de rechercher l’indépendance énergétique de la France ?

Alors il faut renoncer au nucléaire qui est totalement dépendant de nos approvisionnements étrangers (nigériens en particulier), nous pousse à maintenir un esprit colonialiste sur les pays du sud et risque, de plus en plus fréquemment, de nous entraîner dans des conflits armés et de mettre la vie de nos concitoyen-ne-s en jeu (comme vient de le prouver l’actualité au Mali).

S’agit-il de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre ?

Alors il faut commencer par réduire notre consommation et revoir notre modèle productiviste pour lequel le nucléaire était fait. Il faut commencer par réduire la source illusoirement intarissable et outrancière que représente le nucléaire.

S’agit-il de sortir de la précarité énergétique ?

Alors il faut casser l’illusion du coût faible du kWh de la production nucléaire d’électricité et faisons que les premières tranches d’électricité soient gratuites.

S’agit-il de créer des emplois sur notre territoire ?

Alors lançons une transition énergétique ambitieuse et une bifurcation écologique qui permettent de préparer un avenir serein dans le respect de l’Intérêt Général Humain.

On peut sortir à la fois des énergies carbonées et du nucléaire. Il faut, pour cela, une volonté vraie d’engager une travail radical.

Ce travail qui consiste à remonter à la racine des choses et à reconstruire un modèle respectueux de notre écosystème dont la justice sociale est le pilier essentiel, nous l’appelons ECOSOCIALISME.

ecosocialisme

L’illusion de la voiture électrique verte individuelle !

La voiture électrique est un élément essentiel (et pour tout dire le seul ) du dispositif prévu par la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) afin de limiter nos émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les transports. Mais avant de produire ici un texte assez long et synthétique sur cette loi, les propos de Jean-Luc Mélenchoniv sur la voiture électrique m’ont poussé à faire quelques petites précisions personnelles sur ses positions, mais aussi sur les ambitions de Ségolène Royal sur ce sujet. Pas question de penser sans accepter qu’un avis contraire puisse exister, voilà pourquoi j’exprime ici les raisons de mon désaccord.

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Ecosocialisme et VIème République

Voilà une rentrée politique qui interdit les états d’âme ! Et pourtant la disparition de nos camarades Michel-Philippe et Bruno pourrait nous en donner… Mais c’est aussi en leur mémoire de militants inlassables que nous nous remettons au travail, comme ils n’ont cessé de le faire eux-mêmes.

entreerm

De retour du Remue-méninges du Parti de Gauche, on apprend que la Valls des ministres a commencé et que le Bal des Vampires de l’Élysée est ouvert. Les dents longues sont de sortie et peut-être même verrons-nous le retour de la majorité arc-en-ciel, d’EELV au Centre, voire plus ?

Il est donc d’autant plus important de ne pas se laisser emporter dans les rapides du torrent médiatique et de revenir posément sur ce qui s’est passé pendant ces 4 jours de rencontres à Grenoble et ses conséquences.

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Loi sur la transition énergétique : Communiqué

Corinne Morel Darleux, Didier Thévenieau, Mathieu Agostinicapvertcorinne

En validant le « projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte » présenté par Ségolène Royal, le conseil des ministres de ce mercredi 30 juillet 2014 marque à nouveau  la volonté du gouvernement de favoriser l’illusoire capitalisme vert.

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Science, écologie et démocratie

Du siècle des Lumières, nous avons fait le choix de Voltaire contre Rousseau, du libéralisme contre la liberté. Un article de Gérard Kafadaroff dans Economie Matin.fr, publié ce samedi 27 juillet 2014, reflète typiquement cette pensée rationaliste, voire scientiste, qui a fait du XXème siècle celui d’abus inconsidérés que l’histoire jugera sûrement avec sévérité. Ce mode d’appréhension du monde est d’autant plus dangereux et néfaste qu’il a nécessairement des implications politiques terribles. Laissant croire à l’objectivité absolue de la science posée alors comme la source de la seule vérité, il encourage nos décideurs à détruire notre écosystème et tente de supprimer tout recours à la démocratie.

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NUCLEAIRE : LA TRAHISON ENERGETIQUE

Pour compléter et préciser l’article co-écrit avec Corinne Morel Darleux pour A Gauche du 04 juillet 2014, nous avons, avec Julie Del Papa et David Gau, rédigé cette tribune. Elle tente une lecture écosocialiste du projet de loi sur la transition énergétique présenté par Ségolène Royale, en focalisant l’analyse sur le nucléaire. Nous le savions déjà pour le reste mais il ressort que le changement, c’est pas pour maintenant. Bonne lecture.

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