Loi sur la transition énergétique : Conclusion

 Dans cette analyse, nous avons tenté de faire le tour de ce qui nous a semblé significatif dans cette loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

Depuis le Débat national sur la transition énergétique (DNTE) nous avons assisté à 2 ans de tergiversations, de rétropédalages, de manipulation de langage, d’enfumages,
de négociations mal abouties entre EELV et le PS.

Alors que le GIEC vient de repréciser avec insistance les conditions du dérèglementGiec_logo climatique et son impact violent sur tout notre écosystème, que la pollution de l’air augmente partout, que la précarité énergétique fait des ravages et que la santé et la sécurité des travailleurs et des citoyens représentent des risques de plus en plus grands, une transition énergétique digne de ce nom devrait transformer radicalement notre système énergétique pour éviter l’aggravation de ces changements.

Mais non : la croissance est première, et décide de tout.

Au final, nous héritons d’une loi totalement inadaptée à la crise écologique et sociale. Ségolène Royal et Laurent Fabius peuvent bien se montrer dans les manifestations pour sauver le climat, ils peuvent bien lancer des appels internationaux, en validant cette loi ils se disqualifient comme pouvant porter un véritable projet d’avenir.

Personne n’est dupe sur leurs dernières agitations seulement destinées à montrer qu’ils font tout pour déguiser en réussite la COP21 qui aura lieu à Paris en 2015 et donc rejeter la faute sur les autres (Chine, Russie, etc…) en cas d’échec.

Sauf que non seulement le capitalisme est incapable de redresser ses propresgreenwashing2 torts, mais il n’en a surtout pas intérêt. Se nourrissant des crises successives qu’il provoque, à grand coup de greenwashing, il va continuer de se gaver sur le dos de la planète et des salariés, sans aucun scrupule.

Qui veut véritablement inverser le processus autodestructeur qui a été mis en place, doit prendre conscience qu’en aucun cas notre système économique actuel ne peut le permettre.

L’écologie n’est rien sans sa dimension sociale et en ce sens, il n’y a d’écologie que politique, c’est-à-dire capable de penser une organisation collective qui s’inscrit dans l’ordre de la justice sociale. Il n’y a donc d’écologie que de gauche et la gauche de demain ne peut être qu’écologique.

La croissance verte est la promotion d’un illusoire capitalisme vert que la loi sur la transition énergétique protège en relançant une industrie nucléaire à l’agonie et dont le coût d’opportunité est extrêmement faible.

Il s’agit alors d’établir une échelle de priorité dans nos actions, au regard de la situation de crise économique, sociale, écologique et démocratique dans laquelle nous sommes.

S’agit-il de rechercher l’indépendance énergétique de la France ?

Alors il faut renoncer au nucléaire qui est totalement dépendant de nos approvisionnements étrangers (nigériens en particulier), nous pousse à maintenir un esprit colonialiste sur les pays du sud et risque, de plus en plus fréquemment, de nous entraîner dans des conflits armés et de mettre la vie de nos concitoyen-ne-s en jeu (comme vient de le prouver l’actualité au Mali).

S’agit-il de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre ?

Alors il faut commencer par réduire notre consommation et revoir notre modèle productiviste pour lequel le nucléaire était fait. Il faut commencer par réduire la source illusoirement intarissable et outrancière que représente le nucléaire.

S’agit-il de sortir de la précarité énergétique ?

Alors il faut casser l’illusion du coût faible du kWh de la production nucléaire d’électricité et faisons que les premières tranches d’électricité soient gratuites.

S’agit-il de créer des emplois sur notre territoire ?

Alors lançons une transition énergétique ambitieuse et une bifurcation écologique qui permettent de préparer un avenir serein dans le respect de l’Intérêt Général Humain.

On peut sortir à la fois des énergies carbonées et du nucléaire. Il faut, pour cela, une volonté vraie d’engager une travail radical.

Ce travail qui consiste à remonter à la racine des choses et à reconstruire un modèle respectueux de notre écosystème dont la justice sociale est le pilier essentiel, nous l’appelons ECOSOCIALISME.

ecosocialisme

Le nationalisme est soluble dans l’écosocialisme.

Cette période de crises systémiques économique, démocratique, écologique, voit une montée en puissance du nationalisme1, en France comme partout, non seulement à travers l’apparente progression du Front National2, mais surtout par la légitimation des Le Pen par une oligarchie qui voit là son dernier recours pour éviter ce qui adviendra quoi qu’il en soit : l’écosocialisme.

Des individus contre les Peuples

Adam

Mosaïque de la Chapelle Palatine (Palerme, XIIe siècle)
Tu gagneras ton pain à la sueur de ton visage. (Genèse, III, 16-19)

Nos civilisations modernes3 se sont construites sur les monothéismes. De là a été posée l’idée que le salut de l’Homme viendrait de son travail sur la nature dont il pouvait utiliser toutes les ressources. Nos civilisations pensent le progrès technique comme l’Arche qui nous sauvera du déluge que la nature déverse sur nous, coupable que nous sommes d’avoir ouvert les yeux4. Grâce à la raison et au travail qu’elle organise, nous pourrons alors nous « rendre comme maître et possesseur de la nature5 ». De là le machinisme, la production de masse, le capitalisme, et le libéralisme seul système capable d’écouler des monceaux d’objets qui deviendront bons parce qu’on nous les fait désirer6.

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