Forum de l’écologie radicale – Nîmes 2015

forumecolonimesLe 31 janvier dernier, j’ai eu l’occasion de participer au Forum de l’écologie radicale organisé à Nîmes. J’y avais été invité pour présenter, au nom du Parti de Gauche, notre vision de l’écosocialisme et notre approche du problème de l’énergie. A l’issue d’un débat riche auquel ont participé l’écologie libertaire, le MOC, le NPA, EELV, Les Alternatifs, nous avons pu constater, au-delà des éléments peu nombreux qui restent à discuter entre-nous, que nos convergences font prendre conscience à chacun qu’il est peut-être temps d’avancer ensemble. Au fur et à mesure que je participe à des rencontres comme celle-là se renforce l’idée que nous devons chercher à nous connaître pour éviter les caricatures que chacun véhicule sur les autres.  Il apparaît alors que les militants sont loin des positions d’appareils et que nous n’avons jamais été aussi près d’enfin nous retrouver. Voilà pourquoi il semble qu’opposer un mouvement citoyen à des rapprochements d’organisations qui trouvent enfin de convergences, est plus qu’une erreur (comme s’il n’y avait pas de citoyens dans les partis et orgas !) mais une faute de compréhension du moment qui se construit. Nous y reviendrons…

Voici donc le texte que les organisateurs nous ont demandé sur notre intervention. Contraint à 4000 signes pour entrer dans le format commun, il pourra paraître sec et incomplet. C’est le jeu !

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UN GOUVERNEMENT VERT-DE-GRIS

vert de gris

« La Harde de cerfs écoutant le rapproché » d’Arthur Le Duc Source : Article Vert-de-gris de Wikipédia

La feuille de route présentée par Manuel Valls et Ségolène Royal ce 4 février « pour faire de la France le pays de l’excellence environnementale », n’a en réalité pour but que de verdir l’image cuivrée de François Hollande en vue de la COP21 et de 2017. En effet, que reste-t-il au Président de la République pour cacher ses trahisons sociales sinon de passer son image au cynique vinaigre du capitalisme vert ?

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Loi sur la transition énergétique : Conclusion

 Dans cette analyse, nous avons tenté de faire le tour de ce qui nous a semblé significatif dans cette loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

Depuis le Débat national sur la transition énergétique (DNTE) nous avons assisté à 2 ans de tergiversations, de rétropédalages, de manipulation de langage, d’enfumages,
de négociations mal abouties entre EELV et le PS.

Alors que le GIEC vient de repréciser avec insistance les conditions du dérèglementGiec_logo climatique et son impact violent sur tout notre écosystème, que la pollution de l’air augmente partout, que la précarité énergétique fait des ravages et que la santé et la sécurité des travailleurs et des citoyens représentent des risques de plus en plus grands, une transition énergétique digne de ce nom devrait transformer radicalement notre système énergétique pour éviter l’aggravation de ces changements.

Mais non : la croissance est première, et décide de tout.

Au final, nous héritons d’une loi totalement inadaptée à la crise écologique et sociale. Ségolène Royal et Laurent Fabius peuvent bien se montrer dans les manifestations pour sauver le climat, ils peuvent bien lancer des appels internationaux, en validant cette loi ils se disqualifient comme pouvant porter un véritable projet d’avenir.

Personne n’est dupe sur leurs dernières agitations seulement destinées à montrer qu’ils font tout pour déguiser en réussite la COP21 qui aura lieu à Paris en 2015 et donc rejeter la faute sur les autres (Chine, Russie, etc…) en cas d’échec.

Sauf que non seulement le capitalisme est incapable de redresser ses propresgreenwashing2 torts, mais il n’en a surtout pas intérêt. Se nourrissant des crises successives qu’il provoque, à grand coup de greenwashing, il va continuer de se gaver sur le dos de la planète et des salariés, sans aucun scrupule.

Qui veut véritablement inverser le processus autodestructeur qui a été mis en place, doit prendre conscience qu’en aucun cas notre système économique actuel ne peut le permettre.

L’écologie n’est rien sans sa dimension sociale et en ce sens, il n’y a d’écologie que politique, c’est-à-dire capable de penser une organisation collective qui s’inscrit dans l’ordre de la justice sociale. Il n’y a donc d’écologie que de gauche et la gauche de demain ne peut être qu’écologique.

La croissance verte est la promotion d’un illusoire capitalisme vert que la loi sur la transition énergétique protège en relançant une industrie nucléaire à l’agonie et dont le coût d’opportunité est extrêmement faible.

Il s’agit alors d’établir une échelle de priorité dans nos actions, au regard de la situation de crise économique, sociale, écologique et démocratique dans laquelle nous sommes.

S’agit-il de rechercher l’indépendance énergétique de la France ?

Alors il faut renoncer au nucléaire qui est totalement dépendant de nos approvisionnements étrangers (nigériens en particulier), nous pousse à maintenir un esprit colonialiste sur les pays du sud et risque, de plus en plus fréquemment, de nous entraîner dans des conflits armés et de mettre la vie de nos concitoyen-ne-s en jeu (comme vient de le prouver l’actualité au Mali).

S’agit-il de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre ?

Alors il faut commencer par réduire notre consommation et revoir notre modèle productiviste pour lequel le nucléaire était fait. Il faut commencer par réduire la source illusoirement intarissable et outrancière que représente le nucléaire.

S’agit-il de sortir de la précarité énergétique ?

Alors il faut casser l’illusion du coût faible du kWh de la production nucléaire d’électricité et faisons que les premières tranches d’électricité soient gratuites.

S’agit-il de créer des emplois sur notre territoire ?

Alors lançons une transition énergétique ambitieuse et une bifurcation écologique qui permettent de préparer un avenir serein dans le respect de l’Intérêt Général Humain.

On peut sortir à la fois des énergies carbonées et du nucléaire. Il faut, pour cela, une volonté vraie d’engager une travail radical.

Ce travail qui consiste à remonter à la racine des choses et à reconstruire un modèle respectueux de notre écosystème dont la justice sociale est le pilier essentiel, nous l’appelons ECOSOCIALISME.

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Loi sur la transition énergétique (7/7) : Le coût humain du nucléaire

Calculer le coût du nucléaire ne peut se réduire à en calculer le seul coût de production, celui-ci étant étrangement inchiffrable, comme nous l’avons montré dans notre partie précédente. Il s’agit alors de calculer le coût d’opportunité de maintenir une telle industrie en tenant compte de la limite du coût de production mais surtout en appréciant le coût social et le coût humain que la production électronucléaire induit. C’est ce dernier point qui est l’objet de ce billet.

Les employés sous-traitants du nucléaire, les sacrifiés de la transition énergétique

 

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Cliquez sur l’image : site de Ma Zone Controlée

Dans le cadre du débat faussé sur la transition énergétique, le Parti de Gauche avait décidé de déposer une contribution publique en forme de cri d’alarme. Il s’agissait de dénoncer ce semblant de démocratie excluant la question du nucléaire d’emblée et surtout, qui passait sous silence le problème majeur des travailleurs du nucléaire et en particulier des employés sous-traitants.

Depuis, une commission parlementaire s’est penchée sur le sujet, l’ASN commence à s’en inquiéter et les syndicats cherchent eux aussi à prendre le problème à bras le corps.

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Loi sur la transition énergétique 6/7 : 2 – Le coût de production du nucléaire

A la suite du coût social que nous considérons comme essentiel dans l’évaluation du coût d’opportunité de poursuivre le nucléaire en France, voici le deuxième volet :

2 – Le coût de production du nucléaire

En maintenant un coût de production annoncé faible, l’industrie électronucléaire a voulu prouver qu’elle était une aubaine pour les ménages et l’économie. Seulement elle sait depuis le début que ce coût est largement sous-évalué, et elle a cherché à le compenser en créant de la surconsommation et du gaspillage. Si cela a augmenté la précarité énergétique et la dépendance des ménages, ça n’a pas suffit à masquer la fuite en avant de cette filière, ni à préparer la transition énergétique nécessaire, bien au contraire.

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Étrangement, il est difficile, voire impossible aujourd’hui, d’avancer un coût de production réel du nucléaire tant les cartes sont brouillées par les lobbies et les gouvernements successifs. Cependant nous savons deux choses :

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Loi sur la transition énergétique (3/7) : L’austérité incompatible avec la transition énergétique

Après avoir mis en évidence les objectifs essentiellement libéraux du projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte, et avant de développer les dangers du maintien du nucléaire dans notre mix-électrique, nous allons voir ici que, quoi qu’on pense des objectifs de cette LTECV, l’austérité qu’impose le gouvernement ne permettra jamais de les atteindre. Sur ce point, il me semble que nous nous retrouvons avec les député-é-s EELV. Reste à voir leur vote sur le budget 2015…

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Loi sur la transition énergétique (2/7) – Un projet libéral avant tout

Après avoir mis en évidence les objectifs réels de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, voici la seconde partie de cette synthèse. Il s’agit ici de montrer en quoi l’essentiel de la loi cherche avant tout à accélérer la libéralisation du marché de l’énergie. Le moment aussi de remercier Corinne Morel Darleux et Mathieu Agostini et les camarades de la commission écologie avec qui nous avons suivi de près toutes ces étapes.

Deuxième partie – Un projet libéral avant tout

L’efficacité énergétique

Cette loi est un projet libéral avant tout parce qu’il laisse une grande partie des travaux de  rénovation thermique des bâtiments à la volonté individuelle. Si des améliorations ont été apportées par le travail de la commission parlementaire sur ce volet, il n’en reste pas moins quelques étrangetés.

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